Association pour la Restauration du Château de Domfront

L’Association pour la Restauration du Château de Domfront (A.R.C.D.) a été créée en janvier 1984. Elle a pris le relais d’un Projet d’Action Educative (P.A.E.) mené par des professeurs et des élèves du lycée Auguste Chevalier de Domfront depuis l’année scolaire 1981-1982, sous l’impulsion de Gilles SUSONG. Son premier président a été Mr Michel TARTY. Jean-Philippe CORMIER lui a succédé en 1986.

Les débuts (1982-1984)

L’objectif initial de l’A.R.C.D. était d’exhumer et de mettre en valeur les vestiges du château de Domfront dans le secteur Nord-Est de l’enceinte castrale qui n’avait pas été concerné par les aménagements du XIXe siècle. L’existence de la chapelle Saint-Symphorien était naturellement connue, puisque sa façade, quoique dégradée, limitait un des jardins établis à l’intérieur du château, et que les murs de sa nef dépassaient de quelques mètres le niveau du sol d’autres jardins et servaient de limite à ceux-ci. Ainsi la chapelle figurait sur les premiers plans du château établis dans la deuxième moitié du XIXe siècle (ouvrages de LIARD, BLANCHETIERE) ou au début du XXe (LASSEUR, avec un relevé de la façade sur lequel les 7 claveaux subsistants de la voussure externe du grand portail étaient encore en place). Les énormes blocs basculés de l’extrémité nord de la courtine à gaine sont également sur ces plans ; la poursuite de la galerie jusqu’à l’angle nord-est du château était donc évidente. Mais le tracé exact n’en était pas connu, de même que l’extension et le plan exact des parties orientales de la chapelle Saint-Symphorien. Les premiers travaux menés dans le cadre du P.A.E. (1982-1984) dégagèrent les piédroits du portail occidental de Saint-Symphorien. Des sondages furent effectués au niveau de ce qu’on croyait encore être le chœur, dans l’espoir de retrouver des éléments d’un ancien dallage. L’extension d’une tranchée vers le sud révéla le prolongement logique du mur sud de la nef, mais surtout l’existence d’un portail jusqu’ici totalement inconnu, et d’autant plus intéressant que sa facture est unique dans l’architecture romane normande. La base d’une cage d’escalier logée dans le pilier Sud-Ouest du transept fut également dégagée : il apparut donc que la chapelle s’étendait beaucoup plus loin vers l’Est que ce qu’on imaginait initialement. Un projet municipal d’installation de jeux pour enfants dans une parcelle située dans le prolongement de la gaine suscita un sondage d’urgence qui trouva rapidement, enfoui à faible profondeur, les arases de la courtine. La surprise ici fut de découvrir le changement d’orientation de la galerie et l’existence d’une nouvelle tour – ou plutôt d’un quart de tour établi dans l’angle formé par la courtine.

Les chantiers de bénévoles (1985-2003)

L’A.R.C.D. fut créée alors. Encouragée par la Direction Régionale des Affaires Culturelles à réaliser une étude préalable et des chantiers de bénévoles, elle prépara ceux-ci par une grande opération de terrassement qui vida la nef de l’essentiel de son comblement (été 1984). La restauration des vestiges de la nef ainsi dégagés put commencer : de 1985 à 1990, en août, des chantiers de jeunes bénévoles ont bouché des trous dans les murs, remonté des parements arrachés et reconstitué les contreforts en granite arrachés, taillant eux-mêmes les pierres nécessaires dans des blocs de récupération achetés par l’association – ou donnés à celle-ci. En 1989, l’entreprise Pavy remonta les arcs d’une petite porte ouvrant au nord et restitua les contreforts du mur nord jusqu’au deux tiers de la hauteur du mur, les bénévoles se chargeant de les remonter jusqu’au niveau de l’arasement. En 1989 également, après un long combat pour que la mairie rachète les jardins établis sur l’emplacement du chœur et obtenir que démarrent des fouilles archéologiques, un premier sondage réalisé sous la direction de Romain VERLUT révéla, en trouvant l’arase du chevet plat de l’édifice, et les angles de la croisée du transept, les dimensions et le plan exact de l’édifice : 48 m de long, avec un transept de 26 m. Une fouille exhaustive du transept, du chœur et de ses abords put alors être menée sous la direction de Madame NISSEN-JAUBERT (1991-1992), mais l’A.R.C.D. n’y fut pas associée. Pendant que les fouilles se déroulaient dans le secteur de Saint-Symphorien, l’association se transporta dans celui de la courtine à gaine. Après un vidage mécanique de la terre des anciens jardins jadis installés entre la courtine du XIII e siècle et le rempart de fausse-braie de la fin du XVe, 11 chantiers de bénévoles restituèrent, entre 1991 à 2003 (il n’y a pas eu de chantiers en 1996 et en 2002), les archères éventrées, l’arc de la poterne faisant communiquer la gaine avec le fossé, le parement de la tour jumelle nord (tour nord du châtelet d’entée). Au nord, dans la partie arasée, le parement extérieur fut restitué là où il avait disparu, avec ses archères, et rejointoyé. Les arases dégagées furent recouvertes d’une chape, et, pour des raisons de lisibilité et de sécurité, les arases de l’ouvrage d’angle, avec la base de ses archères, furent surélevées de deux assises pour former un petit garde-corps. Dans le même temps, à partir de 1993, le parement extérieur de la fausse-braie, entièrement détruit du côté nord de la passerelle d’accès au château, fut remonté jusqu’au niveau de l’arasement et le mur fut lui aussi couvert d’une chape d’arase. Au total, 17 chantiers de bénévoles se sont succédé l’été sur le site du château de Domfront. Plus de 200 jeunes français ou étrangers ont travaillé sur le site.

Recherches et publications

Cherchant initialement des descriptions ou des plans anciens du site pour guider ses sondages, l’A.R.C.D. a été amenée à effectuer des recherches en archives qui ont complété et parfois corrigé les travaux antérieurs des érudits locaux. Ces recherches sont publiées dans la revue éditée par l’association, Le Domfrontais médiéval, avec le texte de certaines des conférences prononcées par des spécialistes de haut niveau dans le cadre des chantiers de bénévoles. L’A.R.C.D. a également édité un guide touristique, un numéro consacré à Henri Beauclerc et deux à l’histoire tricentenaire du lycée de la ville. Intérêt pour l’ensemble du patrimoine Domfrontais, association de défense du patrimoine, l’A.R.C.D. s’intéresse à tous les aspects du patrimoine historique et architectural de Domfront et du Domfrontais, donne son avis, quand elle est consultée, sur les travaux qu’il convient à son sens de mener au château, mais aussi à l’église romane Notre-Dame sur l’Eau, dans la ville ancienne, … Son président peut, sur demande motivée, guider des visites pour groupes avertis. Enfin, l’association a organisé plusieurs expositions, quelques concerts, et le 38e Congrès des Sociétés Historiques et Archéologiques de Normandie à Domfront, en octobre 2003.

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